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Bulletin du RESPE n° 17

Edito : Du nouveau à propos des protocoles sanitaires à l’élevage

Michel BERNADAC (1)

La saison de monte 2006 est une grande première: les professionnels (étalonniers, éleveurs) sont directement responsables du bon respect d’exigences sanitaires qu’ils ont définies. Ils connaissent, aussi, les conséquences en cas de manquement (pénalités ou sanctions parmi lesquelles refus d’inscription au stud-book du produit à naître).

Il y a trois ans maintenant, après avoir annoncé son intention de modifier la liste des Maladies Réputées Contagieuses et celle des Maladies à Déclaration Obligatoire (M.D.O.), l’Etat a demandé aux professionnels qui le souhaitaient de mettre en place et de prendre en charge un suivi sanitaire. Les Commissions de stud-book de plusieurs races ont répondu en inscrivant des exigences sanitaires dans leur règlement. Il appartient aux vétérinaires sanitaires de bien vérifier auprès de leurs clients celles dont ils auront à assurer le suivi non plus au titre de l’Arrêté de monte publique comme les années précédentes mais au titre du stud-book de la race voire au titre des Codes de Pratique Internationale lorsqu’ils s’appliquent.

Dans ce nouveau dispositif et selon leurs vœux, les étalonniers jouent un rôle essentiel et n’ignorent pas que toute «tricherie», dans un microcosme où le bouche à oreille peut être très dévastateur, ne pourra qu’être dramatique pour eux.

Mais, que se passe-t-il en cas de mise en évidence d’une M.D.O. ? Le rôle du vétérinaire sanitaire est-il minoré? Le praticien, qui a envoyé le prélèvement réalisé sur un cheval dont l’identité a été vérifiée, est bien sûr le premier averti du résultat d’analyse.

En tant que vétérinaire sanitaire, comme le prévoit le Code Rural, il doit réagir immédiatement, de façon adaptée et en parfait accord avec son client. Dans la très grande majorité des cas, le vétérinaire sanitaire et son client résolvent, ensemble et notamment selon les exigences du stud-book, le problème. L’intervention de la commission sanitaire concernée ne doit être qu’exceptionnelle.

S’agissant de M.D.O., les autorités vétérinaires (Direction Générale de l’Alimentation et Directions des Services Vétérinaires) par un système informatique spécifique (SIGAL) sont bien sûr informées pratiquement en temps réel du résultat.

Il est prévu que les autorités hippiques qui en ont fait la demande soient aussi informées du résultat. Ainsi, les membres de la commission sanitaire peuvent être missionnés, si besoin est, par le Président de la Commission du stud-book concerné auquel ils rendent compte. Ils effectuent, en collaboration très étroite avec les vétérinaires praticiens, les enquêtes épidémiologiques nécessaires et proposent la reprise ou non de la reproduction selon que les exigences sanitaires sont (ou ne sont pas) satisfaites.

La décision de la Commission du stud-book est signifiée par les Haras Nationaux au professionnel (étalonnier, éleveur).

Au sein de ce nouveau dispositif, le vétérinaire praticien garde toute sa place. On peut même dire qu’elle est renforcée.

(1) FNCF