Vous êtes ici

Bulletin du RESPE n°40

Editorial

par Loïc LEGRAND (1)

Parmi les virus surveillés par le RESPE, les herpèsvirus sont souvent au cœur de toutes les attentions, notamment l’herpèsvirus 1 (HVE-1) présent dans les trois protocoles des sous-réseaux historiques du RESPE, « syndrome respiratoire aigu (SRA) », « neurologique » et « avortement ». D’autres herpesviridae circulent au sein des populations équines et ce bulletin offre un coup de projecteur à cette famille de virus à l’origine de nombreux syndromes chez le cheval.

Les herpèsvirus sont présents sur terre depuis plusieurs centaines de millions d’années. Ils sont retrouvés chez la plupart des espèces vivantes, du corail à l’homme en passant bien évidemment par le cheval et ses cousins proches ou éloignés. Cette proximité ancestrale fait que ces virus sont généralement très bien adaptés à leur hôte et il est assez rare d’assister à des franchissements de barrière d’espèces (virus d’une espèce passant à une autre). Toutefois, la proximité de certaines espèces dans les zoos crée des conditions particulières qui ont entraîné l’infection d’autres animaux, d’un ours polaire et d’un rhinocéros indien notamment, par des herpèsvirus équins recombinants.

Dans la taxonomie des virus en vigueur, les herpèsvirus infectant les équidés sont au nombre de neuf. Les HVE-1 à -5 sont retrouvés majoritairement chez le cheval, les HVE-6 à -8 ont pour hôte principal les ânes alors que l’HVE-9 est présent dans la faune sauvage, chez les zèbres en particulier, mais décrit également chez la girafe, la gazelle...

Les herpèsvirus ayant pour hôte principal le cheval appartiennent à deux sous-familles, les α-herpesvirinae, branche dans laquelle sont présents les HVE-1, -3 et -4, et les γ-herpesvirinae comprenant les HVE-2 et -5. Les HVE-1 et -4 ont longtemps été considérés comme un seul et même virus, plus communément appelé virus de la rhinopneumonie. Bien que ces deux virus soient très proches génétiquement, les syndromes engendrés par ceux-ci sont généralement différents et une partie de ce bulletin permettra justement de bien faire ce distinguo et d’attribuer le terme de rhinopneumonie au véritable responsable.

L’HVE-3 est le virus de l’exanthème coïtal. Un article rappelle les principales caractéristiques de la maladie et du virus, pour lequel la vigilance doit être particulièrement de mise lors de la saison de monte, période majeure pour les éleveurs et les praticiens et que le RESPE surveillera prochainement.

Les HVE-2 et -5 sont à la fois les herpès les plus détectés chez les chevaux mais également les moins connus. Leur pathogénicité est souvent remise en cause mais l’article proposé expliquera en quoi le choix du prélèvement est crucial pour affiner l’interprétation de leur détection.

Ce bulletin a pour but de faire une synthèse pratique des différentes connaissances sur ces virus et aider au mieux les acteurs de la filière à appréhender les différents cas. Bonne lecture !

(1) Labéo Frank Duncombe,
co-responsable du collège Syndrome Respiratoire Aigu du RESPE