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Bulletin du RESPE n° 9

Edito : Rhinopneumonie forme nerveuse : Bilan au LDFD 14

Pierre-Hugues PITEL (1)

Certes les manifestation neurologiques de l’infection herpétique chez le cheval sont vraisemblablement les moins fréquentes, certes aucun cas de rhinopneumonie forme nerveuse n’a été enregistré pour la France depuis 3 ans à l’OIE…

Cependant l’étude des résultats obtenus dans les laboratoires montre que cette infection ne demeure pas dans le registre du fantasme. En effet depuis le début de l’année, par l’intermédiaire du RESPE, deux cas ont pu être clairement identifiés et un troisième foyer fortement suspecté.

L’identification de cas de forme nerveuse de rhinopneumonie repose sur une suspicion épidémio-clinique confirmée par des examens complémentaires au laboratoire. Une séroconversion (plus de 2 titres d’augmentation) sur une période de trois semaines reste le moyen le moins invasif de confirmer un cas. Cependant cette confirmation ne survient qu’a posteriori et ne peut malheureusement pas systématiquement être entreprise compte tenu du pronostic réservé  de cette infection.

Le liquide céphalo-rachidien (cytologie, présence d’anticorps, culture cellulaire ou amplification génique) est considéré comme le prélèvement de choix. Il ne peut malheureusement pas être entrepris systématiquement du fait des difficultés de prélèvement qui peuvent être rencontrées chez un animal fortement ataxique. Enfin, en cas d’échec des traitements entrepris aboutissant à l’euthanasie de l’animal, une autopsie avec analyse du tissu nerveux central ne peut qu’être conseillée.

Les derniers cas identifiés cette année tendent à confirmer que la rhinopneumonie doit être systématiquement recherchée lors d’apparition brutale de signes neurologiques accompagnés ou précédés par une phase d’hyperthermie (même si cette dernière n’est pas toujours systématique).

D’autre part il semble que la plupart des animaux touchés aient fréquenté un environnement où des cas de toux non investigués ont été rapportés. Il semble aussi que la vaccination ne suffise pas à se prémunir des affections herpétiques équines à manifestations nerveuses. Les cas de rhinopneumonie formes nerveuses décelés ces deux dernières années au LDFD14 sont restés circonscrits à un individu, cependant un foyer de 6 animaux avait pu être identifié en 2000.

La documentation épidémio-clinique de chaque cas, la mise à disposition et l’amélioration d’outils de diagnostic sont parmi les objectifs du réseau d’étude des maladies nerveuses dont vous serez, à partir du 1er juillet 2003, à la fois les acteurs et les bénéficiaires.

(1) Laboratoire Frank Duncombe