Coproscopie, vermifugation raisonnée et résistance aux vermifuges : mieux protéger les chevaux contre les parasites
La gestion des parasites digestifs est un enjeu essentiel pour la santé et le bien-être des équidés. Pendant longtemps, la vermifugation des chevaux s’est appuyée sur des traitements systématiques à intervalles fixes, sans tenir compte de l’état parasitaire réel de l’animal. Cette pratique a contribué à l’émergence d’un phénomène préoccupant : la résistance croissante des parasites aux vermifuges.
Aujourd’hui, les professionnels de la santé équine recommandent une approche plus ciblée, fondée sur des données objectives : la vermifugation raisonnée, appuyée par une méthode simple et fiable, la coproscopie.
Qu’est-ce que la coproscopie chez le cheval ?
La coproscopie équine est une analyse de laboratoire réalisée à partir d’échantillons de crottin. Elle permet de détecter et de quantifier la présence d’œufs de parasites digestifs (strongles, ascaris, etc.). Cette analyse fournit une information précieuse sur le niveau d’excrétion parasitaire d’un cheval à un moment donné.
Contrairement aux idées reçues, tous les chevaux ne nécessitent pas un vermifuge à chaque saison. La coproscopie permet de savoir si un cheval doit être traité, et avec quelle molécule, en fonction du type et de la charge parasitaire observés.
Comment réaliser une coproscopie ?
L’analyse doit être effectuée sur du crottin frais, collecté idéalement immédiatement après la défécation ou prélevé directement dans le rectum par un vétérinaire.
Si le prélèvement est réalisé par le propriétaire :
- Utiliser un gant de fouille propre pour collecter le crottin,
- Chasser l’air et nouer le gant aux deux extrémités pour éviter le contact avec l’air (condition anaérobie),
- Conserver l’échantillon au frais, autour de 4°C (dans le bas du réfrigérateur),
- L’envoyer au laboratoire dans les 24 à 48 heures suivant la collecte.
Les résultats, exprimés en œufs par gramme (OPG), permettent de classer les chevaux selon leur niveau d’excrétion.
Comment interpréter les résultats d’une coproscopie ?
Voici les seuils couramment utilisés pour décider d’une vermifugation :
| OPG (œufs/gramme) | Interprétation | Action recommandée |
| 0 à 200 | Faible excréteur | Pas de traitement nécessaire |
| 200 à 500 | Excréteur modéré | À évaluer selon le contexte |
| > 500 | Fort excréteur | Traitement recommandé |
Ces valeurs peuvent être modulées selon le profil de l’animal (âge, état de santé, antécédents) et les conditions de vie. Un suivi vétérinaire permet d’adapter la stratégie à chaque cas.
Pourquoi éviter les vermifuges systématiques ?
L’administration répétée et non ciblée de vermifuges a favorisé l’apparition de résistances parasitaires. De nombreuses études démontrent aujourd’hui que certaines populations de parasites, notamment les strongles et les ascaris, sont devenues moins sensibles aux molécules couramment utilisées.
Cette évolution complique le contrôle des infestations et compromet, à long terme, l’efficacité des traitements disponibles. En outre, elle expose les chevaux à des risques accrus de complications parasitaires (coliques, amaigrissement, troubles digestifs…).
En quoi consiste une vermifugation raisonnée ?
La vermifugation raisonnée consiste à adapter les traitements antiparasitaires en fonction :
- des résultats de coproscopie,
- du profil de l’animal (poulain, adulte, cheval âgé),
- de l’environnement (gestion des pâtures, densité équine),
- et de l’historique sanitaire.
Cette approche vise à réduire les traitements inutiles, à préserver l’efficacité des vermifuges, et à mieux cibler les chevaux réellement porteurs de parasites.
Quand faire une coproscopie ?
Pour une gestion parasitaire optimale, il est recommandé de réaliser une coproscopie deux fois par an :
- au printemps (mars-avril),
- à l’automne (septembre-octobre).
Il est essentiel d’attendre 8 à 10 semaines après une vermifugation avant d’effectuer une coproscopie, afin d’obtenir des résultats fiables.
Quels chevaux doivent être surveillés de plus près ?
Même avec une charge parasitaire faible, certains chevaux nécessitent une vigilance particulière :
- Les jeunes chevaux (poulains, yearlings),
- Les chevaux âgés ou immunodéprimés,
- Les chevaux ayant des antécédents de coliques ou de parasitose,
- Les chevaux vivant en collectivité ou dans des pâtures très fréquentées.
Chez ces animaux, un suivi plus régulier peut être recommandé.
Vers une gestion durable du parasitisme équin
Adopter une stratégie de vermifugation raisonnée, basée sur la coproscopie, c’est :
- Améliorer la santé individuelle et collective des équidés,
- Lutter efficacement contre les parasites digestifs,
- Réduire l’impact environnemental lié à l’usage excessif d’antiparasitaires,
- Préserver l’efficacité des molécules disponibles face aux résistances croissantes.
Aller plus loin
Pour en savoir plus sur les parasites digestifs chez les équidés, la coproscopie ou la gestion raisonnée des vermifuges, consultez nos ressources sur :