La gourme chez le cheval : comprendre la maladie et dépasser les idées reçues

La gourme chez le cheval : comprendre la maladie et dépasser les idées reçues

La gourme du cheval est une maladie respiratoire bactérienne très contagieuse, qui touche les équidés dans le monde entier. Malgré sa fréquence, de nombreuses idées reçues persistent sur son origine, sa transmission, son traitement et la prévention

Le RESPE vous aide à faire le point sur les informations clés pour mieux protéger vos chevaux et limiter la propagation de la gourme en écurie.

 

Qu’est-ce que la gourme ?

La gourme est une maladie des voies respiratoires supérieures causée par une bactérie spécifique des équidés :

👉 Streptococcus equi subspecies equi.

Elle est hautement contagieuse et représente un enjeu sanitaire majeur dans les structures équines (écuries, élevages, centres équestres, pensions, etc.).

La gourme touche plus fréquemment les jeunes chevaux, mais peut concerner tous les âges. Dans un groupe de chevaux non immunisés, la morbidité peut être très élevée, même si la mortalité reste généralement faible.

 

Transmission et survie dans l’environnement

❌ Idée reçue : « La bactérie ne survit pas dans l’environnement »

Faux

La bactérie responsable de la gourme peut survivre :

  • sur le matériel (seaux, licols, brosses, vêtements),
  • dans l’environnement des écuries,
  • sur les sécrétions et croûtes,
  • et dans l’eau.

Dans certaines conditions favorables (température, humidité), sa survie peut être prolongée, ce qui explique certains cas de résurgence de la maladie.

La transmission peut être :

  • directe (contact avec un cheval malade, jetage, pus d’abcès, sécrétions),
  • indirecte (matériel, personnel, eau de boisson, environnement).

 

Symptômes de la gourme chez le cheval

Les signes cliniques les plus fréquents sont :

  • fièvre,
  • abattement,
  • écoulement nasal (jetage), souvent purulent,
  • inflammation et abcès des ganglions lymphatiques, notamment sous la mâchoire.

Certaines formes peuvent être plus atypiques ou compliquées, d’où l’importance d’un diagnostic vétérinaire rapide.

 

Diagnostic : un enjeu clé pour contenir un foyer

Le diagnostic de la gourme repose sur :

  • des écouvillons naso-pharyngés,
  • des lavages des poches gutturales,
  • parfois une prise de sang (sérologie).

Les analyses (culture bactérienne ou PCR) permettent de :

  • confirmer la présence de Streptococcus equi,
  • identifier les chevaux porteurs asymptomatiques,
  • adapter les mesures sanitaires dans la structure.

 

Traitement : les antibiotiques ne sont pas systématiques

❌ Idée reçue : « Les antibiotiques sont toujours nécessaires »

Faux dans la majorité des cas

Les antibiotiques ne sont pas recommandés systématiquement pour la gourme. Une utilisation précoce peut même interférer avec le développement d’une immunité protectrice.

La gestion repose avant tout sur :

  • l’isolement strict des chevaux malades,
  • la quarantaine des nouveaux arrivants,
  • le dépistage des porteurs sains,
  • des mesures rigoureuses de biosécurité.
  • Immunité et risque de réinfection

Après une infection :

  • environ 75 % des chevaux développent une immunité, les protégeant pendant plusieurs mois à plusieurs années,
  • environ 25 % peuvent être réinfectés ultérieurement,
  • environ 10 % des chevaux guéris restent porteurs sains

 

Vaccination contre la gourme

❌ Idée reçue : « Il n’existe pas de vaccin »

Faux

Il existe des vaccins contre la gourme, dont l’efficacité a été démontrée pour limiter l’expansion des épidémies.

La vaccination ne remplace pas les mesures de biosécurité, mais constitue un outil complémentaire dans une stratégie globale de prévention.

 

Transmission par l’eau : un risque majeur

La bactérie responsable de la gourme peut survivre jusqu’à 6 semaines dans l’eau.

Un cheval infecté peut contaminer un point d’eau en buvant, exposant ainsi tous les autres chevaux utilisant ce même point d’abreuvement.

Une vigilance particulière est donc indispensable sur :

  • abreuvoirs,
  • bacs,
  • seaux,
  • tout point d’eau partagé.

 

L’isolement : une mesure essentielle

Isoler rapidement le premier cheval atteint est fondamental. Plus l’isolement est précoce, plus les chances de contenir le foyer à un nombre limité de chevaux sont élevées.

 

Les porteurs sains : un risque invisible

Environ 10 % des chevaux guéris restent porteurs sains.

La bactérie persiste dans leurs poches gutturales, sans symptômes, mais ces chevaux peuvent continuer à excréter la bactérie et contaminer d’autres chevaux.

Le dépistage des porteurs est donc un levier clé pour éviter les récidives.

 

Les bons réflexes pour limiter la gourme en écurie

Pour réduire le risque de propagation :

  • isoler immédiatement tout cheval suspect,
  • mettre en place une quarantaine pour les nouveaux arrivants,
  • éviter le partage de matériel et de points d’eau,
  • renforcer les mesures d’hygiène et de désinfection,
  • dépister les porteurs sains,
  • envisager la vaccination dans les structures à risque.

 

Le rôle du RESPE dans la surveillance de la gourme

Le RESPE joue un rôle central dans la surveillance épidémiologique de la gourme en France, grâce aux déclarations des vétérinaires sentinelles.

Ces données permettent de :

  • suivre l’évolution des foyers,
  • alerter rapidement la filière,
  • améliorer la prévention,
  • limiter l’impact des épidémies.

 

Liens utiles pour approfondir la gourme

Pour compléter votre information sur la gourme et renforcer la prévention en structure équine, consultez les ressources suivantes du RESPE :