Traitement
Le choix du traitement dépend avant tout du stade évolutif.
L’administration d’antibiotiques doit être raisonnée et ne doit pas être une solution de facilité, qui remplace les mesures sanitaires stricte.
Prophylaxie médicale
Différents vaccins ont été évalués à travers le monde comme les vaccins inactivés ou vivants atténués. Le vaccin disponible actuellement en Europe est un vaccin vivant (souche mutante de S. equi). Il est efficace 2 semaines après la primovaccination et apporte une protection sur une durée de 3 mois uniquement. Il ne supprime pas l’excrétion bactérienne en cas de maladie et il n’est pas possible de distinguer sérologiquement des animaux vaccinés d’animaux contaminés. Il doit être utilisé uniquement sur des chevaux sains et des effets secondaires sont décrits.
Le développement d’un vaccin sûr et efficace, avec une protection plus durable, limitant l’excrétion bactérienne et permettant la différenciation entre les chevaux infectés et vaccinés (principe DIVA : Differentiating Infected from Vaccinated Animals) reste un objectif à atteindre.
Prophylaxie sanitaire
La lutte contre cette maladie très contagieuse passe par le dépistage des chevaux excréteurs (en particulier les porteurs sains) et par l’application de mesures strictes de prévention sanitaire : mise en quarantaine et dépistage pour les nouveaux arrivants.
En cas d’épizootie, il faut :
- stopper tous les mouvements de chevaux,
- prendre la température quotidiennement sur tous les chevaux,
- isoler les malades et les chevaux fiévreux,
- mettre en place un circuit de soins selon un zonage de la structure en fonction des différents cas : malades avec signes cliniques, animaux ayant été en contact avec les malades et individus sains,
- nettoyer et désinfecter scrupuleusement tout matériel et box en contact avec le cheval malade,
- se laver et se désinfecter les mains après avoir manipulé un animal contaminé, ou porter des gants à usage unique, la main de l’homme pouvant devenir momentanément porteur de la maladie,
- ne pas utiliser les paddocks ayant hébergé des chevaux malades pendant 4 semaines,
utiliser du matériel à usage unique (surchaussures, casaques, gants, calots) en zone infectée et placer un pédiluve devant chaque box contaminé.
Tout cheval quittant une structure qui a connu un épisode de gourme devrait idéalement être testé (écouvillon naso-pharyngé) pour s’assurer qu’il n’est pas porteur-excréteur.
Vaccination
La vaccination constitue un levier complémentaire dans la prévention de la gourme, en particulier dans les structures à risque (jeunes chevaux, rassemblements, zones où la maladie circule). Un vaccin récemment développé, Strangvac®, basé sur des protéines recombinantes et administré par voie intramusculaire, permet d’induire une réponse immunitaire ciblant différentes souches de Streptococcus equi. Il bénéficie également de la capacité DIVA, permettant de différencier les chevaux vaccinés des chevaux infectés [1].
Les données expérimentales et les retours terrain montrent que ce vaccin permet de prévenir ou de réduire significativement l’intensité des signes clinique [2][3] (hyperthermie, abattement, difficultés à déglutir) ainsi que le nombre d’abcès des ganglions lymphatiques. Il contribue également à retarder l’apparition des signes cliniques, facilitant ainsi la détection précoce des cas et la mise en place rapide de mesures d’isolement.
L’immunisation avec Strangvac® induit une mémoire immunitaire de type humoral d’au moins 12 mois [4] [5]. Le protocole vaccinal repose sur une primo-vaccination en deux injections espacées de 4 semaines, suivie de rappels réguliers, tous les 6 à 12 mois en fonction du risque épidémiologique [1]. L’immunité débute environ 2 semaines après la seconde injection.
La protection induite par ce vaccin contre l’infection par S. equi a atteint jusqu’à 94 % (15 poneys protégés sur 16) lors des essais cliniques [6]. Sur le terrain, dans une écurie suédoise partiellement vaccinée, mais confrontée à un foyer de gourme deux mois après la seconde vaccination, Rendle et coll. (2025) ont rapporté un taux de protection de 90 % pour le groupe de chevaux vaccinés. Seuls 2 chevaux vaccinés sur 20 ont développé des signes cliniques contre 73,8 % dans le groupe non-vacciné (48 sur 65) [1].
Les données de pharmacovigilance disponibles à date montrent que Strangvac® présente une innocuité proche de celle observée après la vaccination contre la grippe équine [7]. Il est important de noter que Strangvac® ne contient pas la protéine SeM de S. equi associée au développement de formes graves de la maladie (purpura hémorragique) [8]. Le risque de développement de ces complications liées à l’utilisation de Strangvac® est considéré comme négligeable, et aucun cas n’a été rapporté à ce jour. L’administration dans l’encolure est recommandée. La sévérité et la fréquence des effets indésirables sembleraient être plus importantes lors d’une administration dans le muscle pectoral.
Le vaccin induit une bonne protection clinique lors d’une utilisation d’urgence (i.e. foyer déclaré ou en cours de développement) [3]. La vaccination d’urgence s’adresse aux chevaux en bonne santé, y compris ceux ayant été en contact avec des chevaux infectés par S. equi [1]. Ces études montrent que l’utilisation du vaccin avant ou rapidement après l’arrivée d’un nouvel individu, ou dès l’apparition d’un foyer, permet de diminuer le nombre de cas de gourme ainsi que la gravité des formes cliniques [2] [3]. Il est cependant important de rappeler que la vaccination seule ne suffit pas à contrôler une épidémie. Elle doit être associée à des mesures quotidiennes de biosécurité, à la surveillance de la température, à l’isolement des chevaux affectés et au contrôle des mouvements sur et hors du site.
Références :
1. Rendle D, Bowen M, Cavalleri J, De Brauwere N, Grondahl G, van Maanen K, et al. Strangles vaccination: a current European perspective. Equine Veterinary Education. 2025;37:90-7.
2. Gröndahl G, Righetti F, Aspán A, Bjerketorp J, Frosth S, Frykberg L, et al. Reining in strangles: absence of disease in horses vaccinated with a DIVA-compatible recombinant fusion protein vaccine, Strangvac, following natural exposure to Streptococcus equi subspecies equi. Equine Veterinary Journal. 2026;58(2):476-485, doi: 10.1111/evj.70125.
3. Rask E, Righetti F, Ruiz A, Bjerketorp J, Frosth S, Frykberg L, et al. Closing the stable door on strangles: serological responses of vaccinated horses on a farm following the arrival of a new horse. Animals. 2025;15:3584.
4. Hedenström U, Righetti F, Zahl I, Henriques-Normark B, Gustafsson A, Hartman E, et al. Serological responses of sport horses pre- and post-third vaccination with Strangvac. Preprint [Internet]. [cited 2025 Dec 12]. Disponible sur : https://www.authorea.com/users/964953/articles/1333564-serological-responses-of-sport-horses-pre-andpost-third-vaccination-with-strangvac?commit=4ffd8c1fb92c9165959a442a4a6d46721e7a8e4b
5. Righetti F, Hentrich K, Flock M, Frosth S, Jacobsson K, Bjerketorp J, et al. Neutralisation of the immunoglobulin-cleaving activity of Streptococcus equi subspecies equi IdeE by blood sera from ponies vaccinated with a multicomponent protein vaccine. Vaccines (Basel). 2025;13:1061. Disponible sur https://doi.org/10.3390/vaccines13101061
6. Frosth S, Morris ERA, Wilson H, Frykberg L, Jacobsson K, Parkhill J, et al. Conservation of vaccine antigen sequences encoded by sequenced strains of Streptococcus equi subsp. equi. Equine Veterinary Journal. 2023;55:92-101
7. Paillot R, Kevorkian L, Scicluna C, Hermange T, Couroucé A. Vaccination contre la gourme : dernières avancées scientifiques. Nouveau Praticien Vétérinaire équine. 2026;68(19) :42-50.
8. Pusterla N, Watson JL, Affolter VK, Magdesian KG, Wilson WD, Carlson GP. Purpura haemorrhagica in 53 horses. Veterinary Record. 2003;153:118-21.