Herpèsviroses équines

Les herpès virus affectent les équidés aussi bien dans les centres équestres que dans les élevages. Ces dernières années, ils ont été identifiés comme responsables d’épizooties majeures.

Causes de la maladie

Appartenant à la famille des Herpesviridae, cinq herpès virus ont été décrits chez le cheval :

  • Herpès virus équin 1 (HVE 1) responsables de formes abortives, nerveuses et respiratoires ;
  • Herpès virus équin 2 (HVE 2) provoquant des signes cliniques d’ordre respiratoire ;
  • Herpès virus équin 3 (HVE 3) appelé aussi virus de l’exanthème coïtal, touchant les parties génitales des équidés ;
  • Herpès virus équin 4 (HVE 4) dont l’expression est principalement respiratoire. Il a été retrouvé dans de très rare cas associé à des avortements et son implication dans la forme nerveuse n’est pas prouvée à ce jour ;
  • Herpès virus équin5 (HVE 5) impliqué dans des formes respiratoires et associé au syndrome de fibrose pulmonaire multinodulaire.

Épidémiologie

La particularité des herpès virus est leur faculté à demeurer en sommeil (latence) dans l’organisme après la première infection. Ainsi, à la faveur d’un stress par exemple, le virus peut être réactivé.

De plus, une autre caractéristique des herpès virus équins 2 et 5 est d’infecter le plus souvent les équidés de façon asymptomatique, c’est-à-dire sans la moindre apparition de symptômes.

Des cinq virus touchant les équidés, ce sont les virus HVE 1 et 4 qui sont à l’origine des pertes économiques les plus importantes. La forme respiratoire qu’ils provoquent a d’ailleurs conduit à l’appellation « virus de la rhinopneumonie ». Aujourd’hui, on appelle HVE 1 le virus abortif et HVE 4 le virus de la rhinopneumonie. Cette nouvelle appellation est en relation avec la clinique associée aux virus.

Ces virus se transmettent principalement par contact avec les aérosols et les sécrétions contaminés ainsi que par le matériel souillé.

Symptômes

Les infections respiratoires provoquées par ces virus se manifestent le plus souvent par de l’hyperthermie, du jetage et de la toux. Dans le cas de l’HVE 3, les signes cliniques caractéristiques sont la formation de papules, de vésicules, de pustules et d’ulcères sur les parties génitales des équidés.

Concernant les formes abortives et nerveuses de l’HVE 1, la fiche HVE 1 décrit les symptômes observés.

Diagnostic

Des techniques de laboratoire ont été développées pour mettre en évidence ces virus: la PCR, la culture cellulaire et les méthodes sérologiques. Les prélèvements associés dépendent de la technique choisie ainsi que de la situation clinique : écouvillon naso-pharyngé, sang, liquide respiratoire, organes du fœtus, LCR, tissus nerveux…

Il y a aujourd’hui un consensus au niveau international pour l’utilisation de la PCR (technique de biologie moléculaire qui vise à montrer la présence du virus par la détection de son ADN).

Traitement & prévention

Traitement

Il n’existe pas de traitement spécifique. Seul un traitement symptomatique doit être préconisé.

Prévention

Des vaccins sont commercialisés en France mais ne sont dirigés que contre l’HVE 1 et 4. Pour les autres herpès virus équins, les améliorations attendues dans la lutte requièrent une meilleure connaissance des mécanismes d’infection.

Cheval atteint d'HVE

Figure 1 : Exemple d’un cheval atteint d’herpès virus 1 forme nerveuse. Ne pouvant se tenir seul debout, l’animal a dû être suspendu.

Bibliographie

FORTIER G., PITEL P.H., MAILLARD K. et PRONOST S. (2003). Herpès virus en pathologie équine : connaissances actuelles et perspectives.

PRONOST S. et all (2013). Les Herpès virus équins : les diagnostiquer, les prévenir, les traiter. Le Nouveau Praticien Vétérinaire, 31, 15-23.

Foire aux questions

+- Peut-on partir en concours dans un département où un ou plusieurs cas d'une maladie contagieuses (HVE, grippe, gourme) est déclaré ?

Le risque zéro n'existe pas, que ce soit en période de crise sanitaire ou non. L’important est de mesurer ce risque et de s’y adapter. Il n’est donc pas nécessaire d’annuler votre participation au concours si par exemple, l’alerte ne concerne qu’un seul cas dans un seul endroit (foyer). Il est cependant recommander de prendre un certain nombre de mesures de précaution que vous trouverez dans ce document.

+- J’ai une randonnée prévue dans un secteur où une alerte de maladie respiratoire (grippe, herpès virus…) a été émise, que dois-je faire ?

Le risque zéro n'existe pas, que ce soit en période de crise sanitaire ou non. L’important est de mesurer ce risque et de s’y adapter. Il n’est donc pas nécessaire d’annuler la randonnée si par exemple, l’alerte ne concerne qu’un seul cas dans un seul endroit (foyer). Il est cependant recommander de prendre un certain nombre de mesures de précaution que vous trouverez dans ce document ainsi que :
- s'assurer de la bonne santé des chevaux qui vont participer à votre randonnée ;
- s'assurer qu’aucun cheval provenant d’un foyer avéré ne se rendra sur les lieux du rassemblement ;
- s'assurer que le ou les lieux pour les étapes n'ont pas d'animaux malades présents sur site et ont prévu un lieu dédié pour les chevaux de la randonnée, à l’écart des chevaux du site, que s’il s’agit de boxes, ceux ci seront nettoyés et désinfectées avant et après votre séjour ;
- faire en sorte qu'il y ait des points d'eau à disposition afin que les cavaliers puissent s’approvisionner en eau individuellement ; proscrire au maximum les abreuvoirs communs ;
- éviter tout contact avec les chevaux extérieurs à la randonnée (contact physique mais aussi avec le matériel…) ;
- communiquer largement en particulier auprès des enfants, sur le respect de pratiques préventives pour limiter le contact direct et indirect entre chevaux, notamment via les mains, le matériel, les bottes…

+- Concernant la rhinopneumonie, un cheval porteur sain et vacciné peut-il transmettre la maladie au contact de chevaux vaccinés ou non vaccinés ?

Le portage n'a pas de lien avec la vaccination.
Le portage pour la rhinopneumonie signifie que si un cheval fait une rhinopneumonie, il reste porteur du virus même après être guéri. A la faveur d’un stress (fatigue, déplacements fréquents…), le virus pourra se réactiver et être à nouveau excrété : l’animal redeviendra alors contagieux.
Pour la vaccination, un vaccin, quel qu’il soit comme celui de la grippe chez l'Homme par exemple, ne protège jamais à 100%. Un animal vacciné a par contre plus de chance de ne pas développer la maladie s’il rencontre le virus et s’il fait la maladie, il aura généralement des symptômes moins importants, se remettra plus vite et surtout excrétera moins de virus, donc sera moins contagieux.

+- Des cas de rhinopneumonie sont avérés dans mon établissement. Je ne comprends pas pourquoi ils ne sont pas comptabilisés par le RESPE.

Le RESPE ne diffuse des alertes que sur les cas qui lui sont déclarés par ses Vétérinaires Sentinelles (VS). Si les cas dans votre établissement n’ont pas été déclarés au RESPE par un VS ou que les analyses n’ont pas été réalisées dans un laboratoire partenaire, ils ne font effectivement pas l’objet d’une alerte. Vous pouvez en discuter avec votre vétérinaire pour savoir s’il est VS ou pas. S’il l’est, il peut déclarer les cas a posteriori et selon les analyses faites ou non, vos équidés malades pourront être comptabilisés et faire l’objet d’une alerte. S’il n’est pas VS, il peut le devenir facilement et rapidement.

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