La classification des maladies est en cours d'évolution dans le cadre de la mise en œuvre de la Loi Santé Animale. Les mises à jour avec les nouvelles catégories seront réalisées une fois l'ensemble des décrets d'application publiés.

La morve est une maladie infectieuse, hautement contagieuse, d’origine bactérienne qui touche principalement les chevaux, ânes et mulets. Elle peut se transmettre à l’homme et provoquer une maladie fréquemment mortelle. Elle est inscrite sur la liste de l’OIE.

Causes de la maladie

La morve est due à une bactérie : Burkholderia mallei.

Épidémiologie

Les chevaux, les ânes et les mulets sont les seuls réservoirs naturels connus de la bactérie responsable de la morve.

La transmission, facilitée par des contacts étroits entre animaux, est assurée majoritairement par voie orale (inhalation d’aérosols, ingestion d’eau ou de nourriture contaminées, inoculation par l’intermédiaire d’un harnais). La sueur, le jetage nasal et les exsudats provenant de lésions issus d’un animal infecté peuvent contenir une grande quantité de bactérie. Celle-ci peut également pénétrer dans l’organisme par contact avec des lésions de la peau ou par les muqueuses. Dans ce cas, une infection locale avec ulcération peut se développer et se disséminer à d’autres parties du corps lors de l’évolution de la maladie.

La période d’incubation varie de quelques jours à plusieurs mois. De mauvaises conditions d’entretien et d’alimentation, ainsi que le transport des animaux, sont des facteurs prédisposants.

Répartition géographique

La morve est rarissime de nos jours. Elle a disparu d’Europe, d’ Amérique du Nord et d’Australie au cours de la première moitié du 20ème siècle. La maladie est cependant périodiquement signalée en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique latine.

Symptômes

Chez les équidés, trois formes de morve sont reconnues :

  • Syndrome pulmonaire chronique avec toux et écoulement muco-purulent ;
  • Forme cutanée caractérisée par la formation d’abcès multiples dans les tissus cutanés et sous-cutanés le long des vaisseaux lymphatiques, appelée Farcin ;
  • Forme septicémique grave avec frissons et prostration, létale en 1-2 semaines.

Contrairement aux ânes et mulets qui développent plutôt la forme septicémique, les chevaux présentent rarement cette forme aiguë d’infection. Ils développent plus facilement des formes chroniques ou asymptomatiques dont l’évolution est insidieuse avec abattement progressif, toux, malaise, difficultés respiratoires, fièvre intermittente, jetage nasal et ulcères. La forme chronique évolue lentement et est souvent mortelle au bout de plusieurs années. Les animaux atteints de formes chroniques, bien qu’en apparence sains, constituent des sources de contamination particulièrement dangereuses.

Diagnostic

Le diagnostic de la morve des équidés est difficile à établir. Dans les premiers stades de la maladie, peu de symptômes sont exprimés. Le dépistage de l’infection repose essentiellement sur le diagnostic sérologique.

Traitement & prévention

Prévention sanitaire

Le contrôle de la morve suppose une détection précoce des animaux infectés et l’élimination des cas confirmés. Les cas de morve doivent faire l’objet d’une notification obligatoire auprès de l’OIE conformément au Code sanitaire pour les animaux terrestres de l’OIE.

Prévention médicale
A ce jour, aucun vaccin n’est disponible et aucun traitement médicamenteux vétérinaire n’est capable de guérir l’infection.