West Nile : pourquoi vacciner son cheval ?
La vaccination est aujourd’hui un moyen efficace de protéger individuellement son cheval contre les formes cliniques de la fièvre West Nile. Pourtant, pour que cette protection soit en place au moment où le risque augmente, encore faut-il vacciner suffisamment tôt.
La primo-vaccination nécessite en effet deux injections réalisées avec le même vaccin et la protection est obtenue environ 5 à 6 semaines après la première injection. Il est donc essentiel d’anticiper, notamment pour les chevaux vivant dans une zone à risque ou amenés à s’y déplacer.
Alors, quand vacciner ? Comment se déroule la primo-vaccination ? Pourquoi ne faut-il pas attendre que des cas soient déclarés à proximité ? Le RESPE fait le point.
West Nile : la vaccination pour protéger son cheval
La fièvre West Nile est une maladie virale transmise par des moustiques infectés. Le virus circule principalement entre les oiseaux et les moustiques. Le cheval est un hôte accidentel et ne transmet pas directement la maladie à ses congénères.
Si une grande partie des chevaux infectés reste asymptomatique, certains développent des signes cliniques et notamment des formes neurologiques potentiellement graves, voire mortelles (mortalité moyenne d’environ 5 % lors de signes cliniques de la maladie) .
Face à ce risque, la vaccination constitue une mesure de prévention individuelle efficace permettant de protéger le cheval contre les formes cliniques de la maladie.
Elle présente par ailleurs peu d’effets secondaires.
Pourquoi ne faut-il pas attendre pour vacciner ?
La vaccination contre West Nile doit être anticipée.
Il ne suffit pas de vacciner son cheval au moment où des cas sont signalés dans son secteur pour qu’il soit immédiatement protégé. La mise en place de l’immunité nécessite plusieurs semaines.
La primo-vaccination repose sur :
- 2 injections qui doivent être réalisées avec le même vaccin ;
- une protection obtenue environ 5 à 6 semaines après la première injection ;
- puis un rappel annuel en fin d’hiver pour maintenir la protection
Les deux injections de primo-vaccination doivent être réalisées avec le même vaccin. Le délai à respecter entre la première et la deuxième injection peut varier selon le vaccin utilisé. Il est donc important de respecter le calendrier correspondant au vaccin administré. Votre vétérinaire vous indiquera la date à laquelle réaliser la seconde injection.
Une seule injection ne correspond pas à une primo-vaccination complète.
Anticiper permet donc de réaliser l’ensemble de la primo-vaccination et de laisser le temps à la protection de se mettre en place avant une période ou un déplacement à risque.
Quand vacciner mon cheval contre West Nile ?
Le calendrier dépend principalement du risque d’exposition aux moustiques infectés et des déplacements prévus pour votre cheval.
Votre cheval vit dans une zone où le virus West Nile circule ?
La primo-vaccination est à envisager dès maintenant avec votre vétérinaire. Comme la protection nécessite plusieurs semaines pour se mettre en place, attendre l’apparition de nouveaux cas à proximité peut signifier que votre cheval ne sera pas encore protégé au moment où le virus circule.
Votre cheval doit prochainement se rendre dans une zone à risque ?
Anticipez sa vaccination avant son déplacement. La primo-vaccination doit être commencée suffisamment tôt pour permettre de réaliser les deux injections avec le même vaccin et laisser le temps à la protection de se mettre en place.
Avant un déplacement, consultez également VigiRESPE pour connaître la situation sanitaire des territoires concernés : https://vigirespe.net/
Votre cheval vit dans une région où le risque est actuellement plus faible ?
Profitez de l’hiver pour réaliser la primo-vaccination. Cette période permet de mettre en place la protection avant le retour d’une activité plus importante des moustiques et donc avant la prochaine période à risque.
En pratique : zone à risque ou déplacement prévu vers une zone à risque = parlez-en dès maintenant avec votre vétérinaire. Dans les autres régions = anticipez la primo-vaccination pendant l’hiver.
Une vaccination à renouveler chaque année
La protection contre West Nile doit être entretenue dans le temps.
Après la primo-vaccination réalisée avec deux injections du même vaccin, un rappel annuel est nécessaire.
Il est donc utile d’intégrer West Nile au suivi vaccinal de son cheval et d’en parler lors des rendez-vous avec son vétérinaire. Celui-ci pourra déterminer le calendrier le plus adapté en fonction du vaccin utilisé, du lieu de vie du cheval, de ses déplacements et de son exposition au risque.
Des vaccins contre West Nile sont disponibles
Des vaccins contre West Nile sont actuellement disponibles et il n’y a pas de pénurie à ce jour. Un nouveau lot de plusieurs milliers de doses doit également être disponible très prochainement et stocker ne sert à rien car cela crée la pénurie.
Il est donc possible d’anticiper dès maintenant la vaccination de votre cheval, notamment s’il vit dans une zone à risque ou s’il doit prochainement s’y déplacer.
Parlez-en avec votre vétérinaire pour mettre en place la primo-vaccination et définir le calendrier adapté à votre cheval.
Vacciner, mais aussi limiter l’exposition aux moustiques
La vaccination est un levier majeur de protection individuelle du cheval, mais elle doit être complétée par des mesures visant à limiter les piqûres de moustiques.
En pratique, plusieurs réflexes peuvent être adoptés :
- supprimer régulièrement les eaux stagnantes dans les seaux, récipients, brouettes ou autres contenants ;
- nettoyer et renouveler régulièrement l’eau des abreuvoirs ;
- surveiller les zones où l’eau peut s’accumuler autour des écuries, pâtures et installations ;
- utiliser des répulsifs adaptés aux équidés, en respectant les recommandations d’utilisation ;
- protéger les chevaux avec des équipements adaptés, lorsque cela est possible ;
- limiter leur exposition aux moments où les moustiques sont particulièrement actifs, notamment autour du crépuscule et de l’aube.
Vacciner son cheval reste la mesure de protection individuelle contre les formes cliniques de West Nile. Réduire son exposition aux moustiques permet de compléter cette prévention.
N’attendez pas que West Nile soit à proximité pour penser à la vaccination
La vaccination se prépare en amont.