Myopathie atypique du cheval : une intoxication grave liée à certains érables
La myopathie atypique du cheval est une maladie musculaire toxique, aiguë et souvent mortelle, désormais bien implantée en France et en Europe. Cette affection saisonnière touche principalement les chevaux vivant au pâturage et résulte de l’ingestion d’une toxine présente chez certains érables du genre Acer.
La vigilance est particulièrement nécessaire au printemps et à l’automne, périodes où le risque d’exposition est le plus élevé.
Quelle est la cause de la myopathie atypique ?
La maladie est provoquée par une toxine appelée hypoglycine A, contenue dans :
- Les graines d’érable (samares),
- Les plantules (jeunes pousses).
Les espèces impliquées sont :
- Acer pseudoplatanus (érable sycomore),
- Acer negundo (érable négundo).
L’ingestion accidentelle de ces éléments végétaux entraîne une destruction massive des fibres musculaires, affectant :
- Les muscles locomoteurs et posturaux,
- Les muscles respiratoires,
- Le muscle cardiaque (myocarde).
Aucun antidote spécifique n’existe à ce jour. La prise en charge repose sur un traitement symptomatique intensif, avec un pronostic souvent réservé.
Quels chevaux sont à risque ?
La myopathie atypique concerne principalement les chevaux au pré en continu, en particulier lorsque les pâtures sont situées à proximité d’érables.
Le risque est accru :
- Lorsque les ressources en herbe sont limitées,
- En cas de forte chute de graines,
- Lors de conditions météorologiques favorisant la dispersion des samares.
Les graines peuvent être transportées sur de longues distances par le vent, rendant la prévention parfois complexe même en l’absence d’arbres visibles dans la parcelle.
Périodes critiques : printemps et automne
Deux périodes sont particulièrement à risque :
- Automne : chute massive des samares au sol,
- Printemps : apparition des plantules issues de la germination.
Ces éléments peuvent être ingérés en même temps que l’herbe, notamment chez les chevaux vivant à l’extérieur en permanence.
Prévention de la myopathie atypique
La prévention repose essentiellement sur la gestion des pâtures :
- Identifier et cartographier la présence d’érables à proximité des parcelles,
- Retirer les chevaux des pâtures contaminées en période à risque,
- Ramasser si possible les samares dans les zones accessibles,
- Fournir un apport suffisant en fourrage pour limiter l’ingestion accidentelle,
- Surveiller étroitement les chevaux au printemps et à l’automne.
Une surveillance quotidienne de l’état général des équidés est recommandée durant les périodes critiques.
Surveillance et réseau d’alerte AMAG
La surveillance européenne de la myopathie atypique est assurée par l’AMAG (Atypical Myopathy Alert Group), hébergé au Centre Européen du Cheval et en collaboration avec le RESPE pour la France.
Déclaration d’un cas
La déclaration des cas suspectés ou confirmés de myopathie atypique est essentielle pour renforcer la surveillance épidémiologique et améliorer les actions de prévention.
En savoir plus
La myopathie atypique du cheval constitue une urgence sanitaire majeure en période de pâturage. L’identification des érables à risque, la gestion rigoureuse des parcelles et la déclaration systématique des cas sont essentielles pour limiter l’impact de cette intoxication végétale grave.