Virus Shamonda chez le Cheval : deux premières détections chez des chevaux en Suisse

Virus Shamonda chez le Cheval : deux premières détections chez des chevaux en Suisse

L’European Shamonda Virus (ESV), aussi appelé virus Shamonda-like, a été détecté dans le cerveau de deux chevaux ayant présenté des signes neurologiques en Suisse. Ce virus émergent, principalement identifié chez les bovins en Europe durant l’été 2026, est génétiquement proche du virus de Schmallenberg bien connu chez les ruminants. À ce stade, aucun lien de causalité entre l’ESV et les troubles neurologiques observés chez ces chevaux n’est toutefois complètement établi. Le RESPE suit attentivement l’évolution de la situation.

 

Qu’est-ce que l’European Shamonda Virus (ESV) ?

L’European Shamonda Virus (ESV) est un nouvel orthobunyavirus identifié au cours de l’été 2026 chez des bovins en France, en Allemagne et en Suisse. Initialement appelé virus Shamonda-like, il est génétiquement proche du virus de Schmallenberg (SBV) qui est responsable de la maladie du même nom chez les Ruminants .

Comme ce dernier, le virus Shamonda serait principalement transmis par des culicoïdes, de petits insectes piqueurs.

Le virus s’est rapidement diffusé en Europe. En France, au 24 août 2026, son génome avait été détecté chez des bovins dans 18 départements et cinq régions (principalement sur la moitié Est de la France, mais aussi en Normandie). Sa présence a également été rapportée en Allemagne, en Suisse, aux Pays-Bas, en Belgique, au Liechtenstein et en Autriche. Principalement identifié chez les bovins, l’ESV a également été détecté chez des ovins en Belgique.

 

Deux chevaux présentant des signes neurologiques en Suisse

La principale nouveauté pour la filière équine concerne la détection de matériel génétique d’un virus de type Shamonda dans le tissu cérébral de deux chevaux présentant des signes neurologiques en Suisse. Les deux équidés ont été signalés respectivement les 30 juillet et 4 août 2026. Les chevaux ont été autopsiés et le virus a été identifié dans leur encéphale grâce à des techniques de séquençage génomique.

Pour l’un des chevaux, les analyses étaient notamment négatives pour les herpèsvirus équins EHV-1 et EHV-4 et le virus West Nile. D’autres investigations ont également été menées. À noter que le matériel génétique viral a été détecté dans l’encéphale, mais pas dans le sang ni dans le liquide céphalo-rachidien. Ces cas ont été partagés au sein des réseaux européens de surveillance équine, notamment Equinella, puis signalés auprès de l’International Collating Centre (ICC) par le réseau suisse.

 

Le virus Shamonda provoque-t-il des signes neurologiques chez le cheval ?

À ce jour, il est trop tôt pour l’affirmer.

La présence du virus dans le cerveau de deux chevaux présentant des troubles neurologiques constitue un signal sanitaire à prendre en compte, mais ne permet pas d’établir que l’ESV est à l’origine des symptômes observés. Des investigations complémentaires sont nécessaires pour déterminer si le cheval est réellement sensible à ce virus, si l’infection peut entraîner une maladie clinique et quels pourraient être les symptômes associés. Les données disponibles chez les Ruminants suggèrent par ailleurs que la virémie serait courte, ce qui pourrait rendre la détection du virus dans le sang difficile. Les modalités de diagnostic de l’ESV chez le cheval restent donc à préciser.

 

Signes neurologiques chez le cheval : maintenir la vigilance

Ces détections interviennent dans un contexte de circulation de plusieurs agents pouvant provoquer des signes neurologiques chez les chevaux, notamment le virus West Nile. Le diagnostic différentiel reste donc essentiel et peut inclure, selon le contexte, le virus West Nile, les herpèsvirus équins, l’encéphalite à tiques ou d’autres causes infectieuses et non infectieuses. Des signes tels que des troubles de l’équilibre, une ataxie, une faiblesse, des tremblements, une modification du comportement ou des difficultés à se déplacer doivent conduire à contacter rapidement un vétérinaire.

 

Le RESPE suit l’évolution de la situation

Le RESPE suit attentivement les nouvelles données concernant l’European Shamonda Virus, en lien avec les réseaux de surveillance sanitaire équine, et ses partenaires. À ce jour, ces deux détections chez des chevaux constituent un signal émergent à surveiller, mais ne permettent pas de conclure que l’ESV est responsable d’une nouvelle maladie neurologique équine. En cas de signes neurologiques chez un cheval, contactez rapidement votre vétérinaire et signalez toute suspicion au RESPE afin de contribuer à la surveillance sanitaire de la population équine.

Une attention pourra aussi être portée sur les avortements, l‘ESV ayant été détecté dans des avortons chez les bovins 3 semaines à un mois après le passage viral initial.