Berce du Caucase et cheval : quels sont les risques pour les équidés ?
La Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) est une plante invasive présente dans plusieurs régions françaises. Facilement identifiable par sa taille impressionnante et ses grandes ombelles de fleurs blanches, elle peut représenter un danger aussi bien pour les chevaux que pour les personnes qui les côtoient.
Contrairement à de nombreuses plantes toxiques chez le cheval, le principal risque n’est pas lié à son ingestion mais au contact avec sa sève. Celle-ci contient des substances photosensibilisantes susceptibles de provoquer des lésions cutanées parfois importantes lorsqu’elles sont exposées au soleil.
Mieux connaître cette plante permet de prévenir les accidents et de sécuriser l’environnement des équidés.
Comment reconnaître la Berce du Caucase ?
La Berce du Caucase est l’une des plus grandes plantes herbacées présentes en France.
Elle présente plusieurs caractéristiques facilement observables :
- une hauteur pouvant atteindre 3 à 4 mètres ;
- une tige épaisse et creuse ;
- des taches rougeâtres ou violacées sur la tige ;
- de très grandes feuilles profondément découpées ;
- de larges ombelles de fleurs blanches pouvant mesurer plusieurs dizaines de centimètres.
Sa floraison intervient généralement entre juin et août.
Cette plante se développe principalement :
- le long des cours d’eau ;
- dans les friches ;
- sur les talus ;
- en bordure de chemins ;
- à proximité de certaines pâtures.
Sa capacité à coloniser rapidement les milieux naturels explique sa classification parmi les espèces invasives.
Pourquoi la Berce du Caucase est-elle dangereuse pour les chevaux ?
La dangerosité de la Berce du Caucase repose principalement sur la présence de furanocoumarines, des molécules contenues dans sa sève.
Lorsque cette sève entre en contact avec la peau puis est exposée aux rayons ultraviolets (UV), elle peut provoquer une réaction appelée photosensibilisation.
Chez le cheval, cette réaction peut entraîner :
- des rougeurs ;
- des inflammations cutanées ;
- des brûlures ;
- des croûtes ;
- des lésions parfois étendues et douloureuses.
Les zones peu pigmentées sont généralement les plus exposées.
Photosensibilisation chez le cheval : quels sont les signes à surveiller ?
La photosensibilisation est une réaction cutanée provoquée par l’association d’une substance photosensibilisante et de l’exposition au soleil.
Après un contact avec la sève de Berce du Caucase, les chevaux peuvent développer des lésions sur différentes parties du corps, notamment :
- les naseaux ;
- les lèvres ;
- les balzanes ;
- les ladres ;
- les autres zones de peau claire ou dépigmentée.
Les signes cliniques peuvent apparaître plusieurs heures après l’exposition et évoluer rapidement.
Dans certains cas, les lésions peuvent nécessiter des soins vétérinaires afin de limiter les complications et la douleur.
Quels chevaux sont les plus sensibles ?
Tous les équidés peuvent être concernés, mais certains présentent un risque accru de développer des lésions cutanées.
Une vigilance particulière est recommandée pour :
- les chevaux à robe claire ;
- les chevaux présentant des zones dépigmentées ;
- les chevaux ayant une peau sensible ;
- les poulains.
Chez ces animaux, les effets de la photosensibilisation peuvent être plus marqués.
Dans quelles situations le risque est-il le plus élevé ?
Certaines circonstances favorisent le contact avec la sève de la Berce du Caucase.
Le risque augmente notamment :
- lorsque la plante est présente dans les pâtures ;
- lors des travaux de débroussaillage ;
- pendant la période de floraison ;
- lors de la montée en graines ;
- en période fortement ensoleillée.
Le contact avec la sève peut être direct mais également indirect, par l’intermédiaire :
- d’outils ;
- de vêtements ;
- de matériel ayant été en contact avec la plante.
Comment prévenir les risques liés à la Berce du Caucase ?
La prévention repose avant tout sur une identification rapide de la plante et une surveillance régulière de l’environnement des chevaux.
Pour limiter les risques, il est recommandé de :
- inspecter régulièrement les pâtures ;
- surveiller les abords des prés ;
- empêcher l’accès aux zones infestées ;
- intervenir précocement en cas de détection ;
- porter des équipements de protection lors des travaux d’entretien ;
- éviter tout contact avec la sève.
Une gestion précoce permet également de limiter la propagation de cette espèce invasive.
Que faire en cas de contact avec la sève ?
Lorsqu’un cheval ou une personne a été exposé à la sève de Berce du Caucase, il est conseillé de :
- rincer immédiatement la zone concernée à l’eau et au savon ;
- éviter toute exposition au soleil pendant plusieurs jours ;
- surveiller l’apparition de rougeurs ou de lésions ;
- consulter un vétérinaire si des symptômes apparaissent chez le cheval.
Une prise en charge rapide permet souvent de réduire l’intensité des lésions et leur durée d’évolution.
Une plante à surveiller dans l’environnement des équidés
La Berce du Caucase fait partie des plantes dont la présence mérite une vigilance particulière autour des chevaux.
Même si les intoxications par ingestion restent rares, les effets photosensibilisants de sa sève peuvent entraîner des lésions cutanées importantes, notamment chez les chevaux les plus sensibles.
L’identification des plantes présentes dans les pâtures et la surveillance de l’environnement constituent des mesures essentielles de prévention pour protéger durablement la santé et le bien-être des équidés.
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Pour aller plus loin
- Plantes toxiques chez le cheval
https://respe.net/maladie-equine/plantes-toxiques/ - ToxiPL@NT : identifier les plantes toxiques
https://respe.net/toxiplant/ - Prévention et santé des équidés
https://respe.net/prevention/