Exanthème coïtal équin (HVE-3) : une maladie de la reproduction à surveiller

Exanthème coïtal équin (HVE-3) : une maladie de la reproduction à surveiller

L’exanthème coïtal équin (ECE) est une maladie virale causée par l’herpèsvirus équin de type 3 (HVE-3). Très contagieuse, elle affecte principalement les organes génitaux des chevaux et se transmet essentiellement lors des activités de reproduction.

Bien que cette affection soit généralement bénigne sur le plan général, elle peut entraîner des lésions douloureuses, perturber la reproduction et avoir des conséquences sanitaires et économiques pour les élevages, haras et centres de reproduction.

 

Qu’est-ce que l’exanthème coïtal équin ?

L’exanthème coïtal équin est une maladie infectieuse caractérisée par l’apparition de lésions au niveau des organes génitaux externes.

Les signes observés peuvent inclure :

  • des papules ;
  • des vésicules ;
  • des ulcérations ;
  • des croûtes.

Ces lésions sont souvent douloureuses et peuvent rendre difficiles la saillie, les examens  ou certaines manipulations dans le cadre de la reproduction.

 

Le HVE-3 : un herpèsvirus spécifique de la reproduction

Le virus responsable de l’ECE, le HVE-3, appartient à la famille des herpèsvirus équins.

Contrairement aux herpèsvirus équins de type 1 et 4 (HVE-1 et HVE-4), connus pour provoquer des formes respiratoires, neurologiques ou abortives, le HVE-3 est principalement associé à des lésions génitales.

Comme les autres herpèsvirus, il possède la capacité de persister à l’état latent chez l’animal et de se réactiver lors de périodes de stress ou de baisse d’immunité.

Le virus présente toutefois une faible résistance dans l’environnement et reste sensible aux désinfectants couramment utilisés.

 

Comment se transmet le HVE-3 ?

La transmission du HVE-3 intervient principalement lors de contacts directs entre équidés.

Le virus peut être transmis :

  • lors de la monte naturelle ;
  • par contact avec les lésions génitales ;
  • via du matériel contaminé ;
  • par les mains, vêtements ou équipements du personnel.

La période de contagiosité correspond principalement à la phase aiguë de la maladie, généralement comprise entre 10 et 14 jours.

 

Quels sont les symptômes de l’exanthème coïtal équin ?

Chez la jument

Les signes cliniques apparaissent généralement quelques jours après la contamination.

Les symptômes peuvent inclure :

  • des lésions vulvaires et périnéales ;
  • des vésicules ;
  • des ulcérations douloureuses ;
  • une inflammation locale.

La cicatrisation intervient généralement en deux à trois semaines et peut parfois laisser des zones dépigmentées.

L’exanthème coïtal équin n’est généralement pas associé à des avortements et n’altère pas durablement la fertilité des juments.

 

Chez l’étalon

Chez l’étalon, les lésions touchent principalement :

  • le pénis ;
  • le prépuce.

On peut observer :

  • des pustules ;
  • des ulcérations ;
  • une sensibilité ou une douleur locale ;
  • une réticence à la saillie.

 

Comment diagnostiquer le HVE-3 ?

Le diagnostic repose principalement sur la réalisation d’une analyse PCR, permettant de détecter l’ADN du virus.

Les prélèvements sont effectués directement au niveau :

  • des lésions génitales ;
  • des zones ulcérées ;
  • des lésions pustuleuses.

Un diagnostic rapide permet de mettre en place sans délai les mesures sanitaires adaptées afin de limiter la propagation de la maladie.

 

Une maladie surveillée par le RESPE

L’exanthème coïtal équin n’est pas une maladie réglementée.

Dans le cadre de ses missions de surveillance sanitaire, le RESPE assure le suivi du HVE-3 via son réseau dédié à la reproduction équine.

Cette surveillance permet :

  • la détection précoce des cas ;
  • le suivi de la situation sanitaire ;
  • l’adaptation des mesures de prévention ;
  • la diffusion d’informations à la filière.

Le dispositif prévoit également une prise en charge d’au moins 50 % des frais d’analyses dans le cadre de la surveillance.

 

Prévenir l’exanthème coïtal équin

À ce jour, il n’existe aucun vaccin contre le HVE-3.

La prévention repose donc sur l’application rigoureuse de mesures de biosécurité, notamment dans les structures de reproduction.

Les principales recommandations sont :

  • examiner systématiquement les organes génitaux avant la saillie ;
  • isoler immédiatement les équidés présentant des lésions suspectes ;
  • utiliser du matériel à usage unique lorsque cela est possible ;
  • appliquer des protocoles d’hygiène stricts lors des actes de reproduction ;
  • nettoyer et désinfecter soigneusement le matériel et les surfaces.

Ces mesures permettent de réduire significativement les risques de transmission.

 

Déclarer les cas : un geste essentiel pour la filière

Tout cas suspect ou confirmé d’exanthème coïtal équin doit être signalé.

La déclaration permet notamment :

  • de limiter la diffusion du virus ;
  • de protéger les reproducteurs ;
  • de renforcer la surveillance sanitaire nationale ;
  • d’améliorer les connaissances épidémiologiques sur la maladie.

La vigilance de l’ensemble des acteurs de la filière contribue directement à la maîtrise de cette maladie.

 

HVE-3 : préserver la santé reproductive des équidés

Même si l’exanthème coïtal équin est généralement peu grave pour l’état général des chevaux, sa forte contagiosité et son impact sur la reproduction justifient une attention particulière.

Le dépistage, l’application des mesures de biosécurité et la déclaration des cas restent les meilleurs moyens de limiter la circulation du virus et de protéger durablement la santé reproductive des équidés.

 

Pour aller plus loin

Exanthème coïtal équin (HVE-3)
https://respe.net/maladie-equine/reproduction/exantheme-coital-equin-herpes-virus-equin-de-type-3/

Maladies équines de la reproduction
https://respe.net/maladie-equine/reproduction/

Déclarer une maladie équine
https://respe.net/declarer-une-maladie-equine-un-geste-gagnant-gagnant-grace-au-respe/

Conduite sanitaire et biosécurité en structure équine
https://respe.net/prevention/fiche-technique-conduite-sanitaire-en-structure-equine/

VigiRESPE – Carte de vigilance sanitaire
https://respe.net/consultation-vigirespe/