Fortes chaleurs et canicule : abreuvement et transport des chevaux au cœur de la prévention

Fortes chaleurs et canicule : abreuvement et transport des chevaux au cœur de la prévention

Les prochains jours seront marqués par un épisode de fortes chaleurs sur une partie du territoire. Dans ce contexte, le RESPE appelle l’ensemble des propriétaires, détenteurs et professionnels de la filière équine à renforcer leur vigilance afin de préserver la santé et le bien-être des équidés.

Lorsque les températures augmentent, les chevaux doivent fournir davantage d’efforts pour réguler leur température corporelle. La transpiration s’intensifie, entraînant des pertes importantes en eau et en électrolytes. Déshydratation, épuisement thermique et coup de chaleur peuvent alors survenir, en particulier lors d’un effort ou d’un transport.

Deux points nécessitent donc une attention particulière pendant cet épisode : l’abreuvement des chevaux et leurs déplacements.

 

Abreuvement : une priorité absolue pendant les fortes chaleurs

En période de canicule, les besoins en eau des chevaux augmentent considérablement. L’accès à une eau propre, de qualité et en quantité suffisante doit donc être assuré en permanence, au pré comme à l’écurie et lors des déplacements.

Une hydratation insuffisante peut notamment favoriser :

  • la déshydratation ;
  • la fatigue et l’abattement ;
  • les troubles digestifs, notamment certaines coliques ;
  • les déséquilibres électrolytiques ;
  • une diminution des performances et des capacités de récupération ;
  • le coup de chaleur.

 

Les bons réflexes

Pendant toute la durée de l’épisode de chaleur, il est recommandé de :

  • laisser de l’eau propre et en quantité suffisante à disposition en permanence ;
  • vérifier plusieurs fois par jour le fonctionnement des abreuvoirs et l’approvisionnement des bacs ;
  • renouveler régulièrement l’eau et nettoyer les contenants ;
  • surveiller la consommation des chevaux, notamment après un effort ou un transport ;
  • prévoir suffisamment de points d’eau lorsque plusieurs chevaux vivent ensemble ;
  • veiller à ce que tous les chevaux puissent effectivement accéder à l’eau, y compris les individus dominés ;
  • mettre à disposition une pierre à sel et demander conseil à son vétérinaire concernant une éventuelle complémentation en électrolytes.

Une vigilance renforcée doit être accordée aux poulains, chevaux âgés, juments gestantes, chevaux malades, chevaux au travail ou équidés particulièrement sensibles à la chaleur.

 

Quantité, mais aussi qualité de l’eau

Mettre de l’eau à disposition ne suffit pas : encore faut-il qu’elle reste suffisamment propre et appétente pour encourager les chevaux à boire. Avec la chaleur, une eau stagnante peut se dégrader rapidement et favoriser le développement d’algues, de bactéries et d’autres micro-organismes. Les eaux stagnantes constituent également des milieux favorables au développement des larves de moustiques, dont certaines espèces peuvent être impliquées dans la transmission de maladies vectorielles comme le virus West Nile. Il est donc essentiel de contrôler quotidiennement les points d’eau, d’éliminer les débris et souillures et de renouveler régulièrement l’eau.

Lorsque l’abreuvement provient d’un puits, d’un forage, d’une source ou d’un autre point d’eau hors réseau, des contrôles réguliers de la qualité de l’eau sont recommandés.

 

Transport des chevaux : anticipez vos déplacements

Le transport constitue une situation particulièrement sensible lors des fortes chaleurs.

À l’intérieur d’un van ou d’un camion, la température et l’humidité peuvent rapidement augmenter. Associées au stress du déplacement et à une ventilation parfois insuffisante, ces conditions peuvent accentuer les pertes hydriques et favoriser déshydratation, fatigue et stress thermique.

Avant tout déplacement, il est donc important d’évaluer les conditions météorologiques et, lorsque cela est possible, d’adapter ou de reporter le trajet.

Pour limiter les risques :

  • privilégiez les départs tôt le matin ou aux heures les plus fraîches ;
  • évitez autant que possible les déplacements pendant les heures les plus chaudes ;
  • vérifiez le bon fonctionnement de la ventilation du véhicule avant le départ ;
  • prévoyez suffisamment d’eau pour toute la durée du trajet et en cas d’imprévu ;
  • proposez régulièrement de l’eau au cheval lors des trajets prolongés ;
  • surveillez son état général pendant les pauses ;
  • évitez les arrêts prolongés en plein soleil ;
  • à l’arrivée, permettez au cheval de s’hydrater et de récupérer dans un environnement ombragé et ventilé.

Lors des journées les plus chaudes, l’organisation du transport doit être anticipée autant que possible afin de réduire l’exposition des chevaux aux températures élevées.

 

Aider le cheval à mieux supporter la chaleur

Au-delà de l’abreuvement, plusieurs mesures permettent d’améliorer le confort des chevaux pendant un épisode de canicule.

Il est notamment recommandé de :

  • garantir un accès à des zones ombragées au pré et au paddock ;
  • favoriser une bonne circulation de l’air dans les bâtiments ;
  • utiliser des ventilateurs lorsque les installations le permettent ;
  • adapter les horaires de sortie et de travail ;
  • réduire l’intensité et la durée des efforts ;
  • prévoir suffisamment de temps de récupération ;
  • refroidir activement le cheval lorsque cela est nécessaire.

Après un effort ou lorsqu’un cheval présente une température corporelle élevée, une douche à l’eau fraîche peut contribuer à favoriser l’évacuation de la chaleur.

 

Quels signes doivent alerter ?

Pendant les fortes chaleurs, surveillez attentivement le comportement et l’état général des chevaux.

Certains signes doivent particulièrement attirer l’attention :

  • respiration rapide ou difficile ;
  • fréquence cardiaque élevée ;
  • transpiration très importante ou, au contraire, absence anormale de transpiration ;
  • abattement marqué ;
  • fatigue inhabituelle ;
  • récupération anormalement longue après l’effort ;
  • baisse de vigilance ;
  • démarche anormale ou troubles de l’équilibre.

Ces manifestations peuvent notamment être compatibles avec un épuisement thermique ou un coup de chaleur. Le coup de chaleur constitue une urgence vétérinaire. En présence de signes inquiétants ou au moindre doute, contactez rapidement votre vétérinaire.

 

Fortes chaleurs : anticiper pour mieux protéger les chevaux

Pendant les prochains jours, quelques adaptations peuvent faire une réelle différence.

Eau disponible en permanence, contrôle régulier des abreuvoirs, déplacements organisés aux heures les plus fraîches, accès à l’ombre, adaptation du travail et surveillance attentive des chevaux doivent devenir des réflexes pendant toute la durée de l’épisode de chaleur.

 

Le RESPE appelle l’ensemble des acteurs de la filière équine à anticiper dès maintenant l’organisation des soins, de l’abreuvement et des déplacements et à renforcer leur vigilance jusqu’au retour de températures plus modérées.