Fièvre de West Nile chez le cheval : 93 cas confirmés en France, vigilance renforcée
Au 21 août 2026, 93 cas équins de fièvre de West Nile ont été confirmés en France, dont 53 en Occitanie et 33 en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA). Alors que le nombre de cas dépasse déjà celui des deux années précédentes et que le pic de l’épidémie ne semble pas encore atteint, le RESPE appelle à une vigilance renforcée, en particulier face aux formes neurologiques de la maladie.
Fièvre de West Nile : une circulation particulièrement active en Occitanie et en PACA
De nombreux cas équins de fièvre de West Nile (FWN) sont désormais confirmés en France. La situation appelle à une vigilance renforcée, notamment en Occitanie et en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), qui concentrent actuellement le plus grand nombre de cas positifs. Au 21 août 2026, 93 cas équins de fièvre de West Nile ont été confirmés en France : 53 en Occitanie et 33 en PACA.
Le nombre total de cas est déjà supérieur à celui enregistré au cours des deux années précédentes, alors que le pic de l’épidémie ne semble, à ce stade, pas encore atteint.
La période estivale est particulièrement propice à la circulation du virus West Nile, transmis principalement par les moustiques du genre Culex. Dans le contexte météorologique particulier observé cet été et face au nombre important de cas cliniques confirmés, le RESPE appelle l’ensemble des vétérinaires et des acteurs de la filière équine à renforcer leur vigilance et à signaler rapidement toute suspicion, en particulier lorsqu’un cheval présente des signes neurologiques.
Quels sont les symptômes de la fièvre de West Nile chez le cheval ?
Chez le cheval, l’infection par le virus West Nile est le plus souvent asymptomatique : environ 80 % des chevaux infectés ne présentent pas de signes cliniques.
Dans les formes symptomatiques, environ 20 % des chevaux peuvent présenter un syndrome fébrile. Dans 1 à 10 % des cas, l’infection peut évoluer vers une forme neurologique, potentiellement grave et pouvant conduire à la mort de l’animal.
Ces dernières semaines, la majorité des chevaux positifs recensés a présenté des formes neurologiques. Chez certains chevaux, ces formes ont été sévères et ont entraîné la mort ou nécessité une euthanasie.
Quels signes neurologiques doivent alerter ?
Une attention particulière doit être portée à tout cheval présentant :
- une fièvre inexpliquée ;
- une démarche anormale ou une incoordination (ataxie) ;
- des tremblements ou des fasciculations musculaires ;
- une faiblesse ou une parésie, notamment des membres postérieurs ;
- des difficultés à se tenir debout ;
- un changement de comportement ou un abattement marqué ;
- plus généralement, tout signe neurologique d’apparition aiguë.
Tout tableau neurologique compatible doit conduire à envisager rapidement la fièvre de West Nile dans le diagnostic différentiel, en particulier dans les zones où une circulation virale est actuellement identifiée, dans celles où elle a été mise en évidence ces dernières années ainsi que dans les zones limitrophes. La prise régulière de la température constitue également un moyen simple de détecter précocement une hyperthermie, qui peut précéder ou accompagner les autres signes cliniques.
Forme neurologique de West Nile : une surveillance prolongée est nécessaire
Un cheval présentant une forme neurologique de fièvre de West Nile peut connaître une amélioration rapide de ses symptômes. Cependant, des rechutes sont possibles entre 15 jours et 5 mois après l’épisode initial. Une surveillance des chevaux malades pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, reste donc recommandée, y compris après une amélioration apparente de leur état.
Que faire en cas de suspicion de fièvre de West Nile ?
La fièvre de West Nile est une maladie réglementée à déclaration obligatoire.
En cas de suspicion clinique, et notamment face à des signes neurologiques compatibles avec West Nile, il est essentiel de contacter sans délai votre vétérinaire ainsi que la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) du département concerné.
Cette remontée rapide permet :
- d’organiser la prise en charge de la suspicion ;
- de réaliser les analyses lorsque cela est possible ;
- de déclencher rapidement les investigations nécessaires ;
- de contribuer au suivi de la circulation du virus sur le territoire.
La déclaration de la suspicion auprès du RESPE est également possible dans le cadre de la surveillance des fièvres isolées ou des syndromes nerveux. Elle peut notamment permettre une prise en charge partielle du coût des analyses, selon les modalités du dispositif.
Diagnostic West Nile : comment accélérer la confirmation d’un cas ?
Dans les situations nécessitant une confirmation diagnostique urgente, et en lien avec la DDPP, les prélèvements peuvent être adressés directement au Laboratoire national de référence (LNR). Cette transmission directe permet de réduire les délais d’acheminement des prélèvements et de confirmation diagnostique.
En pratique
Suspicion clinique, notamment neurologique
→ Contact immédiat avec le vétérinaire et la DDPP, avec possibilité de déclaration au RESPE
→ Prise en charge de la suspicion et réalisation des prélèvements
→ Envoi aux laboratoires agréés des départements 13, 14, 30 ou 34
→ En cas d’urgence et en lien avec la DDPP : envoi directement au LNR pour confirmation
La rapidité du signalement et du diagnostic est essentielle pour disposer d’une vision la plus actualisée possible de la circulation du virus West Nile en France.
Comment protéger son cheval contre les moustiques et le virus West Nile ?
En période d’activité vectorielle, les mesures permettant de réduire l’exposition des chevaux aux moustiques restent indispensables.
Il est recommandé de :
- limiter autant que possible l’exposition des chevaux pendant les périodes de forte activité des moustiques ;
- supprimer ou réduire les eaux stagnantes autour des lieux de vie des équidés ;
- entretenir régulièrement les abreuvoirs et les autres récipients susceptibles de constituer des gîtes larvaires ;
- utiliser des protections physiques et des répulsifs adaptés ;
- maintenir une vigilance renforcée dans les zones où des cas de fièvre de West Nile ont déjà été confirmés.
Vaccination contre West Nile chez le cheval : quand et comment vacciner ?
Vaccination West Nile : anticiper pour une protection optimale
La vaccination contre la fièvre de West Nile chez le cheval constitue un outil majeur de prévention de la maladie et de ses formes cliniques, en complément des mesures visant à réduire l’exposition aux moustiques. Plusieurs vaccins sont disponibles en France et présentent une efficacité avérée.
Toutefois, la vaccination doit être anticipée : l’objectif est que le cheval ait développé une immunité optimale avant le début de la période de forte activité des moustiques. Une fois l’épidémie démarrée, la vaccination peut encore être envisagée dans certaines situations, notamment dans les zones indemnes de circulation du virus et de cas positifs, ou dans des situations particulières après avis du vétérinaire.
Quel est le protocole de vaccination contre West Nile ?
Pour un cheval jamais vacciné, la primo-vaccination contre West Nile repose sur deux injections espacées de 3 à 5 semaines, suivies d’un rappel annuel.
La protection vaccinale n’est pas immédiate. Elle s’établit généralement une quinzaine de jours après la seconde injection.
Il est donc recommandé d’anticiper suffisamment la vaccination afin que la primo-vaccination soit terminée et que la protection soit installée avant le début de la saison d’activité des moustiques, qui peut s’étendre de début mai à fin novembre.
Pour les chevaux déjà vaccinés, un rappel annuel permet de maintenir l’immunité. Il est préférable de le programmer avant le début de la saison des moustiques, afin que la protection soit optimale pendant toute la période à risque.
Quelle est la meilleure période pour vacciner son cheval contre West Nile ?
La fin de l’hiver et le début du printemps constituent une période particulièrement adaptée pour vérifier le statut vaccinal des chevaux, débuter les primo-vaccinations et réaliser les rappels annuels.
L’objectif est que l’immunité soit optimale dès le début de la saison d’activité des moustiques.
La vaccination doit concerner un animal en bonne santé. Dans les zones déjà touchées par le virus, il est fortement recommandé de discuter avec le vétérinaire de l’intérêt de réaliser une sérologie avant vaccination, afin d’adapter la conduite à tenir à la situation individuelle et épidémiologique.
En pleine période de circulation virale, la vaccination d’un cheval non vacciné ou incomplètement vacciné doit également être discutée avec le vétérinaire, en tenant compte du délai nécessaire à l’installation de l’immunité.
Le calendrier précis de vaccination doit être établi avec le vétérinaire et conformément au protocole et aux recommandations du laboratoire fabricant du vaccin.
La stratégie vaccinale doit notamment prendre en compte :
- la localisation géographique du cheval ;
- le niveau de circulation du virus West Nile ;
- son mode de vie ;
- ses déplacements ;
- son statut vaccinal.
Fièvre de West Nile chez le cheval : les 5 informations à retenir
Face à la circulation très active du virus West Nile en France en 2026, notamment en Occitanie et en PACA :
- Surveillez attentivement l’apparition de signes cliniques, notamment neurologiques.
- En cas de suspicion, contactez sans délai votre vétérinaire et la DDPP afin d’organiser la prise en charge.
- Lorsque la situation exige une confirmation rapide, l’envoi des prélèvements directement au LNR, en lien avec la DDPP, permet de réduire les délais diagnostiques.
- Renforcez dès maintenant la protection des chevaux contre les moustiques.
- Anticipez les primo-vaccinations et les rappels annuels afin que la protection vaccinale soit optimale dès le début de la prochaine saison d’activité des moustiques.
En savoir plus sur la fièvre de West Nile et la prévention chez le cheval
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- Moustiques et chevaux : comment réduire les risques et protéger les équidés ?
- Fièvre de West Nile : comprendre la maladie, les signes cliniques et les moyens de prévention
- Replay du webinaire : Virus West Nile – Comment mieux détecter et anticiper les risques ?
Face à une suspicion de fièvre de West Nile chez un cheval, la rapidité du signalement et du diagnostic contribue à une meilleure surveillance de la circulation du virus et à la protection de l’ensemble de la population équine.